Obstacles à surmonter pour parvenir à un changement d’échelle pour l'énergie solaire

Il faut tout d’abord réussir à abaisser les coûts, ce qui passe par l’innovation technologique et par l’augmentation des volumes, lesquels exigent de gros investissements. Contrairement à une idée reçue, l’énergie solaire est très capitalistique, même si son déploiement est décentralisé. De plus, elle n’a pas le même rendement partout.

La comparaison entre le prix de l’électricité d’origine solaire et le prix de l’électricité résidentielle payé par les particuliers joue en faveur de pays comme l’Italie, l’Espagne ou la Californie, et en défaveur de la France, de l’Allemagne et du Japon. À Los Angeles, les panneaux solaires peuvent fonctionner environ 1 600 heures par an, alors qu’à Paris, où l’ensoleillement est moindre, ils ne produiront d’électricité que 900 heures par an. En d’autres termes, le même panneau solaire produit deux fois moins d’énergie à Paris qu’à Los Angeles, et l’énergie solaire est donc deux fois moins chère à Los Angeles qu’à Paris.

Le besoin de politiques volontaristes

Pour devenir compétitive, l’énergie solaire doit donc faire l’objet de politiques de développement volontaristes. Toutes les formes d’énergie ont été subventionnées à un moment ou un autre de leur histoire. Le nucléaire, en particulier, a largement bénéficié des politiques publiques pendant l’après-guerre, et n’est devenu performant que dans les années 60-70. Toute la question est évidemment de savoir où placer le curseur : accorder trop de subventions contribue à aggraver le déficit public, en accorder trop peu ne suffira pas à faire décoller cette nouvelle forme d’énergie. Il faut également veiller à bien répartir les aides entre la recherche et l’effort de déploiement.

À l’heure actuelle, les aides publiques en faveur du solaire représentent 0,08 % du PIB mondial. Selon des estimations, le budget nécessaire pour lutter efficacement contre le changement climatique est d’environ 1 % du PIB. Si on consacrait un dixième de ce budget à l’énergie solaire, celle-ci pourrait devenir très compétitive, au niveau mondial, entre 2030 et 2040.

Enjeux du stockage de l'énergie

Un autre enjeu du développement de l’énergie solaire est le stockage d’énergie. Beaucoup d’acteurs intervenant dans les énergies renouvelables se désintéressent de cette question, qui est pourtant cruciale et se pose de façon très différente selon les secteurs : les batteries destinées à stocker de l’électricité d’origine solaire sur des installations stationnaires ne sont pas soumises aux mêmes contraintes que les batteries installées dans des véhicules électriques, par exemple.